Dans une interview accordée au quotidien régional Paris-Normandie, l'ancien coach de l'USC évoque les raisons de son départ.

Arrivé en décembre 2020 pour pallier au départ « surprise » de Carlos Secretário, Richard Déziré n'a pas fait long feu à Créteil... et n'a pas laissé une grande empreinte dans l'histoire du club jaune et bleu. Un passage éphémère d'un peu plus de deux mois sur le banc des Béliers que Richard Déziré explique par des désaccords dans le mode de fonctionnement :

« Après cinq matches officiels, des divergences sont apparues entre la manière dont les dirigeants voulaient voir les choses en termes de fonctionnement, et la mienne en tant qu’entraîneur. J’ai proposé après cela d’entériner la cessation de notre collaboration. »

Sans réellement révéler en détails ces fameuses « divergences », Richard Déziré donne un premier élément de réponse, et l'on peut comprendre, entre les lignes, que la Direction lui expliquait comment faire son travail, ce qu'il n'a pas pu accepter :  

« J’avais dit que je ne révolutionnerais pas grand chose. Mais tout ce qui concerne l’aspect travail lié au terrain, c’était non négociable à mes yeux. »

Dans un deuxième temps, l'ex technicien manceau aborde des soucis d'acclimatation dans l'environnement francilien, nouveau pour ce coach :

« [Mon départ] de Créteil a été un grand soulagement. Après, il y a aussi le COVID, en région parisienne, dans un environnement un peu différent... […] C’est vraiment un club qui n’était pas fait pour moi, et vice versa. »

Enfin, Richard Déziré conclut cet entretien accordé à Victorien Lenud en mentionnant la difficulté d'arriver en cours de saison, en prenant en charge un effectif qu'il n'a pas sélectionné, même s'il avait marteler dès son arrivée qu'il déposait ses valises dans un club « qui allait bien » :

« J’ai refusé pas mal de clubs avant de rejoindre Créteil. […] J’ai simplement besoin de trouver un club à dimension humaine - ce qui n’empêche pas d’avoir de l’ambition - dans un projet que j’aime bien, où il faut bâtir. Je verrai comment les choses se présentent à l’intersaison pour, je l’espère, démarrer une saison en construisant l’effectif. »

Une ultime déclaration qui a le mérite de surprendre, l'USC étant souvent définie comme un club familial. Dans un contexte de plus en plus lusitanien imposé par la présidence, l'arrivée d'un technicien seul, n'appartenant pas à cette culture, a montré que la greffe ne pouvait pas prendre facilement.

Toujours sans réel entraîneur, les Béliers, lancés dans une course contre-la-montre, sont forcément handicapés par ce départ anticipé d'un entraîneur aussi réputé que Richard Déziré. Une collaboration ratée qui pourrait susciter l'interrogation des futurs candidats au poste d'entraineur, et qui cocheraient pourtant de nombreuses cases. On pense à Emmanuel Da Costa, voire à Karim Mokeddem.

Sans oublier que Rui Pataca, actuel directeur général du club, pourrait faire office d'entraîneur « officiel », car celui-ci possède ses diplômes, ayant déjà coaché l'équipe de Rodez par le passé. Cela permettrait donc à Manuel Ramos de profiter de ce tour de passe-passe afin de continuer de s'occuper de l'équipe tel un vrai entraîneur. On passerait donc à une configuration semblable à celle du FC Annecy. Pour rappel, après le départ de Michel Poinsignon, Rémi Dru a pris le relais à la tête de l'équipe première, même s'il n'est que l'entraîneur adjoint de Jean-Yves Chay, le coach officiel. Ce qui ne déplairait pas aux joueurs...

Vous pouvez retrouver ici l'intégralité de l'interview de Richard Déziré pour Paris-Normandie.