Après un passage en Belgique mitigé mais qui lui a beaucoup appris, Nils Bouekou se retrouve sans club et veut apporter à une équipe. Il s'est tourné vers l'US Créteil. Même s'il n'a joué dans le Val-de-Marne qu'une saison, il a gardé un très bon souvenir du club Jaune et Bleu.

USC1936 : Bonjour Nils. Après être parti de Créteil, tu as joué deux saisons à l'Union Saint-Gilloise (D2 Belgique). Peux-tu nous raconter comment elles se sont déroulées ?

Nils Bouekou : A la fin de la saison avec Créteil (NDLR : 2017-2018), le directeur de l'Union m'a appelé. C'était Alex Hayes, qui était à Lorient avant. Je suis allé là-bas avec mes parents et mon agent, et il m'a proposé un contrat. Créteil aussi m'avait proposé de rester dans l'équipe, pour faire remonter le club en National. Mais pour moi, c'était une meilleure opportunité d'aller là-bas, en D2 belge, en sachant que j'avais un bon projet et que le club a été repris par le président de Brighton. Je suis donc allé là-bas.

La première année s'est bien passée, parce que c'était une direction française, et que le coach ramenait les joueurs qu'il voulait. On avait une très bonne équipe et on a fait un beau championnat (3ème) et une demi-finale de Coupe de Belgique. On avait une équipe au niveau de la première division. J'ai joué la première partie de saison, et à mon poste il y avait de très bons joueurs qui, aujourd'hui, jouent dans de meilleurs clubs en Belgique. La concurrence y était rude : j'ai été prêté pour garder du temps de jeu, et j'avais encore deux ans de contrat. Sur cette première année, j'ai eu un bon temps de jeu, j'ai fait mes 25 matchs.

Je savais que l'année qui allait suivre allait être dure, car on sortait d'une bonne saison et ils avaient encore recruté, car dans ces clubs comme ça, ils connaissent beaucoup de gens. Ils ont des facilités pour recruter, d'autant plus qu'ils avaient beaucoup de budget. Donc je savais que ça allait être difficile. J'ai commencé la saison en étant meilleur buteur de la préparation et, entre-temps, notre coach a signé à Amiens, en L1. Le directeur aussi est parti. La direction a totalement changé. Ils ont pris un directeur irlandais et un coach danois. De là, il a commencé à ramener ses joueurs mais, même comme cela j'ai commencé le championnat en étant titulaire, et j'ai été « Homme du match », dans les équipes types... Tout d'un coup, sans raison, le coach m'a sorti de l'équipe. Là, ça commençait à devenir compliqué. On est alors en novembre 2019. J'étais toujours sous contrat, donc j'ai tout donné pour gagner ma place. Mais il avait ses choix et ses joueurs.

USC 1936 : Selon toi, la D2 belge a-t-elle un niveau supérieur au National ?

NB : J'ai joué 14 matchs en National avec Créteil, pendant 90 minutes. J'étais donc en pleine forme, à 100 % de mes moyens. J'attendais alors une offre d'une équipe qui me ferait confiance. Et ensuite, je vois « D2 belge ». Etant français, on pourrait penser qu'en D2 belge, ce sont des joueurs moins forts. Mais j'ai été surpris. C'est un très bon niveau. Il y a beaucoup d'équipes qui recrutent, qui ont des investisseurs, et qui recrutent malin. De mon côté, j'avais la confiance en moi, mais j'ai négligé le niveau. Si je n'avais pas négligé le niveau, je pense que cela ne se serait pas passé comme ça. C'est un très bon niveau. Il faut le voir pour le croire. J'ai joué là-bas, mais j'ai aussi joué en National. Après, je ne sais pas si le niveau change d'année en année. J'ai joué avec d'anciens joueurs de National en Belgique, et on s'est dit la même chose.

USC1936 : Mais ensuite, les choses ont commené à mal se passer...

NB : En Janvier, le directeur sportif me demande de résilier mon contrat, alors que le mercato avait débuté il y a un mois, et que nous étions dans les derniers jours. On essaie de chercher une porte de sortie, mais on ne trouve pas d'accord. Je vais alors dans le noyau U21, où j'ai fait cinq, six matchs avec eux. Et ensuite, il y a eu le corona... J'étais encore sous contrat et il me restait 1 an. Mais à 25 ans, je ne pouvais pas faire encore un an sans jouer, sinon j'étais mort pour le football. J'ai donc décidé de résilier mon contrat. J'ai eu des promesses et j'ai cherché de mon côté.

USC1936 : Et donc tu t'es tourné vers l'US Créteil ?

NB : J'ai parlé un peu avec Vincent [Di Bartolomeo, coach de la réserve de l'USC], et il m'a dit qu'il y avait des problèmes de finances là-bas. C'est juste pour jouer au foot. Je sais que je parle à Créteil, et qu'ils ne vont pas me donner un milliard d'euros. C'est un club où je sais que je peux apporter, et qui m'a apporté. Mais Vincent m'a dit que pour le National, ça allait être compliqué. Il m'a dit de venir en N3 pour un contrat. Moi je voudrais jouer en National, et si jouer avec la N3 me permet de revenir dans l'équipe première, pourquoi pas...Mais en tant qu'ancien joueur, j'aurais aimé qu'on me donne une chance, au moins... J'ai toujours mouillé le maillot avec l'équipe première et donné le meilleur de moi-même. Je pense que Créteil est un très bon club, et c'est pourquoi je les ai contacté. Je peux aussi tenter de trouver un autre club parisien, mais pour moi, sur Paris, c'est Créteil. J'ai eu des propositions d'autres clubs parisiens. Mais si c'est pour rester à Paris, autant aller à Créteil.

USC 1936 : Si jamais un entraîneur ou un directeur lit cette interview, que voudrais-tu lui dire ?

NB : Je suis encore jeune, et j'ai beaucoup à apprendre. On fait tous des erreurs dans la vie, mais on n'est pas condamné. Mon football, je ne l'ai pas perdu. L'exemple est là : si j'avais voulu prendre l'argent, je n'aurais pas résilié, et je serais resté en Belgique. Mais j'ai préféré résilier pour jouer au football. J'ai envie d'apporter à une équipe.

USC 1936 : Tu étais à Créteil pendant un an. Quel souvenir gardes-tu des supporters ?

NB : Clairement, ils étaient vraiment là pour nous. Pour moi, voir des gens que je connaissais peu, mais qui aimaient la façon dont je mouillais le maillot, il n'y a pas mieux. Là, le club essaie d'évoluer. J'ai une image de supporters qui aiment leur club, et qui font tout pour que le club progresse. Si demain, tu fais l'interview d'un ancien joueur qui fait une annonce, parce que tu sais que ça coûte rien, il est libre, il peut venir nous aider à atteindre les objectifs du club, tu le fais pour le club, pour un ancien joueur, et il n'y a rien de mieux.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo des prestations de Nils avec l'US Créteil.