Dans le RazCast Show, l'émission vidéo du site internet Mouvement Azur et Or, Rui Pataca a répondu aux questions des supporters toulonnais. Il s'est montré à la fois ambitieux et humble, à l'image de l'équipe actuellement. 

L'interview de Rui Pataca : 

Mouvement Azur et Or : Bonsoir Rui, un petit mot sur le derby contre le voisin le Red Star ?

Rui Pataca : C'était un match chaud bouillant, déjà parce que c'était un derby. Notre équipe a fait un match exemplaire au niveau de la solidarité, au niveau technique et tactique puisqu'on a arraché le match nul, alors qu'on s'est vu se faire expulser notre milieu défensif. On a fait un match costaud, et on a joué à 10 pendant 43 minutes environ. C'était le match qu'il fallait faire. On a du serrer les dents et on a même eu des occasions de buts. On aurait pu faire jackpot et revenir du Stade Bauer avec une victoire, mais ça s'est bien passé. C'était plutôt équilibré et on a su empêcher le Red Star, avec ses forces, de nous faire mal et de nous prendre des points. 

MAO : Votre début de saison c'est un "U". Vous démarrez très fort, il y a deux défaites qui font tâche, et depuis trois matchs, c'est bien reparti. A quoi vous attribuez ce bon début ?

RP : On a été obligé de s'adapter à ce championnat qui est vraiment dur. L'équipe de Toulon sait très bien de quoi je parle. Toutes les équipes qui sont montées l'année dernière ont un temps d'adaptation, même si elles ont une dynamique positive avec plusieurs victoires consécutives du fait d'être monté. Ce qui fait que ces équipes-là, elles commencent le championnat avec beaucoup plus de sérieux que celles qui sont installées depuis des années en National. Après, c'est un championnat long et le classement va encore beaucoup changer, mais on est quand même content de ce début de saison vu qu'on revient de loin et qu'on a fait deux descentes en deux ans. 

MAO : Oui, et vous étiez en Ligue 2 il n'y a pas longtemps...

RP : Oui, c'est pour ça que nous, de par le fait qu'on avait le statut pro, on a quand même gardé un fonctionnement professionel, et ça nous sert aujourd'hui. Bien évidemment au niveau administratif, au niveau technique, au niveau du cycle de travail. On a gardé un fonctionnement plus ou moins professionnel, tout en ajustant le budget. 

MAO : Concrètement, que veut dire un fonctionnement plus professionnel ?

RP : On s'approche un peu plus du monde pro. On a fait venir un entraîneur qui a connu le haut niveau. C'est aussi mon cas, j'ai été professionel pendant 18 ans à Montpellier, Créteil, au Portugal aussi dans plusieurs clubs. Cela fait que nous, on a certains réflexes qui font que le fonctionnement, aujourd'hui est un peu plus encadré, un peu plus organisé. Et les résultats, malgré les oscillations, sont globalement positifs.

MAO : Comment voyez-vous le match de vendredi, comment vous préparez-vous à affronter cette équipe de Toulon ?

RP : On n'a pas d'a-priori sur les équipes qu'on affronte. On se concentre match après match, et aujourd'hui c'est la réception de Toulon qui compte malgré les difficulté qu'on a avec l'effectif, la blessure des garçons. Mais ce sont les aléas qu'ont toutes les équipes qui sont dans ce championnat, donc nous on regarde vers l'avant, on met du sérieux. Il y aura 11 joueurs qui auront l'opportunité de faire la différence. On a l'habitude de dire que le football va très vite : ça n'est plus le train à vapeur, ça va comme le TGV et celui qui perd un peu de temps, pour ensuite se rattraper cela devient difficile. Alors si les joueurs ne se mettent pas dans la tête qu'il faut s'installer durablement dans ce championnat, voire aller plus haut, ils laissent passer leur chance. Cela va très vite aujourd'hui dans le foot. 

MAO : Comment définirais-tu le style de Créteil dans le jeu ? 

RP : C'est une équipe solidaire qui est tactiquement très difficile à bouger, qui a des valeurs depuis deux ans, et qui vend chèrement sa peau. Donc il faut s'attendre à une équipe qui va tout donner sur le terrain pour jouer le match. On connait Toulon avec ses supporters, l'historique du club, et on le respecte comme tous les clubs. Mais Créteil aujourd'hui est bien présent dans ce championnat, et il faudra être costaud pour venir gagner des points chez nous !

MAO : A Créteil, y a t-il des ambitions ou bien les gardez-vous "cachées", un peu comme tout le monde ? 

RP : Vous savez, les gens ne se cachent plus trop. Quand on a eu la réunion des clubs en début de saison, tous les clubs ont eu un discours très humble, mais on sait très bien que tous ces clubs cherchent le statut pro et cherchent à aller au plus haut niveau. Nous on est pareil, on n'est sûr de rien, mais on est pareils que tout le monde, et il ne faut pas se cacher derrière les responsabilités. Si on arrive à monter cette année, tant mieux. Si on fait comme Rodez qui, la première année s'est approché, et est monté la seconde... De toute façon, le football, c'est aléatoire. On ne peut pas se projeter, mais aujourd'hui ce qui est vrai, c'est que tous les matchs sont une finale. Si on commence tous les matchs avec cette mentalité-là, match après match, je pense qu'on arrivera à faire quelque chose.