Quelques semaines après être rentré dans la légende de l'USC en tant que joueur le plus capé, Boris Mahon de Monaghan nous a fait le plaisir de nous accorder un entretien en exclusivité, dans lequel la fin de saison des Béliers est au centre de toutes ses pensées.

 

USCréteil 1936 : Tout d'abord, parle-nous de ce record de matchs joués avec Créteil (225), te sens-tu honoré d'avoir franchi ce cap ?

Boris Mahon de Monaghan : J'ai été honoré évidemment mais je ne m'en faisais pas une obligation. J'avais été informé qu'il me restait 23 matches pour battre le record de Richard (Trivino, ndlr) en début de saison. Cela montre une fidélité réciproque entre le club et moi. C'est glorifiant, mais la situation actuelle du club est primordiale et c'est cela le plus important à mes yeux. J'aurais préféré le faire en haut de tableau !

A propos du club, toi qui dispute ta septième saison avec l'USC, et qui a notamment connu la montée en L2, as-tu l'impression qu'il évolue dans le bon sens ?

A l'heure actuelle, je pense que c'est en construction et que le club doit encore gagner en professionnalisme. Mais depuis mon arrivée, il y a de réels changements, ça progresse. Cela va sûrement trop lentement pour certains, mais au niveau des structures, des matchs, des supporters je vois une véritable amélioration. Mais pour l'instant, l'objectif est tout d'abord de se maintenir et de tendre vers plus haut par la suite, mais ça prend du temps.

Au niveau sportif, avec trois coachs en deux ans, vois-tu aussi une évolution, ou c'est quelque chose de normal lorsqu'un club joue le maintien ?

Normal, non ! Quand nous commençons la saison avec un coach, nous avons envie de la finir avec, voire de prolonger l'année d'après. C'est clair que ça n'aide pas au niveau de la structuration du club. Après est-ce que les entraîneurs étaient responsables des résultats que nous avons eu ? Ils ne sont pas les seuls fautifs. Nous, les joueurs, le sommes en étant acteurs. Il ne faut pas rejeter la faute sur le staff actuel ou le précédent.

Cette saison te préoccupe. Lorsque vous étiez dans le creux de la vague, as-tu fait partie, grâce à ton ancienneté, de ceux qui ont durci le ton pour faire réagir le groupe ?

Avec les anciens, par exemple Jean-Mi (Lesage), Ima (Andriatsima), Hérita (Ilunga) ou même Yann (Kerboriou), nous avons essayé de faire comprendre les choses à notre manière. Mais est-ce que pousser une gueulante est la solution ?

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Sans pousser une gueulante mais en prenant la parole...

Nous avons tous pris la parole pour donner notre point de vue par rapport à tout ça. Et dans tous les cas, ce serait très compliqué pour tout le monde : club, ville, supporters... s'il y avait une descente à la fin de la saison. Avec les anciens, et certains moins anciens, nous avons essayé de faire prendre conscience qu'il fallait plus s'impliquer, et que certains ne se rendaient pas compte de la gravité de la chose. On a un rôle important pour la fin de saison.
Si on tombe contre plus fort que nous, pas de problème, mais les équipes que l'on affronte ne me semblent pas supérieures.

Notamment Clermont, qui arrive vendredi. Après Nîmes, ce serait une bonne idée de garder la dynamique et de connaître de nouveau une victoire au Stade Duvauchelle ?

Ce serait bien, d'autant que nous n'avons gagné que deux matchs à domicile cette saison ! Nous avons toujours eu plus de mal à Duvo', sans que je sache réellement pourquoi. Ce qui nous manquait vraiment, c'était le fait de ne pas gagner tout court. A Laval, à 10 contre 11, nous faisons 4 poteaux et un match nul, pareil face à Evian. Ce sont clairement de mauvais résultats. Il faut confirmer cette victoire, c'est impératif !

Pour le prochain match, une préparation particulière est-elle prévue ou faites-vous confiance à votre jeu ?

Nous regardons forcément l'adversaire qui arrive. Ils ont tous des caractéristiques différentes. A Nîmes nous savions qu'ils allaient jouer long sur leurs deux attaquants, le coach nous avait fait travailler en conséquence. Il nous a parlé de Clermont à l'entraînement, à nous de l'appliquer sur le terrain. On va essayer de jouer notre jeu au mieux, tout en essayant de répondre au point fort de l'équipe adverse, comme par exemple Diedhiou (20 buts cette saison).

Va t-il avoir le droit à un traitement particulier ?

Pas sûr qu'il joue car il revient de sélection, mais il faudra être encore plus attentif. Laborde est un bon joueur également. Nous ne sommes pas focalisé sur un seul joueur comme dans le passé avec N'tep à Auxerre, qui nous avait vraiment fait mal à lui seul. En première mi-temps, j'avais pris le feu, heureusement que Jordan Ikoko était venu m'aider... A deux latéraux c'était plus simple. Pour Clermont, rien de cela n'est prévu.

Le coach vous rappelle-t-il fréquemment l'état d'esprit qu'il faut avoir en cette fin de saison, ou s’occupe t-il uniquement de la partie terrain ?

Tous les jours il nous rappelle que chaque match va être important, que la victoire de Nîmes n'est pas suffisante et qu'il faut qu'on se bouge encore le cul (sic) pour choper cette seizième ou dix-septième place synonyme de maintien !

En sachant que vous n'êtes qu'à trois points de la 15ème place...

C'est encore jouable. Après, nous ne sommes pas dans une situation facile. Il ne nous reste que des matchs de coupe à disputer d'ici la fin de la saison. Et nous aimerions être maintenus avant la dernière rencontre, car recevoir le Red Star qui jouera la montée de son côté, ça peut être compliqué. D'autant que ce match est important pour les supporters.

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A propos des supporters, les rapports sont moins faciles récemment avec les mauvais résultats. Cela vous affecte-t'il ?

A la fin des matchs lorsque l'on vient remercier les supporters pour leur soutien et qu'on se fait siffler ou engueuler, ce n'est pas évident. On ressent de la colère. Je conçois que les supporters soient déçus, mais ces moments-là font mal... Même si ça peut faire du bien à certains. Ce n'est pas la meilleure chose qui puisse nous arriver. Même avec l'ancienneté, c'est jamais plaisant d'autant que je suis conscient de la situation du club. On partage votre peur et votre colère.

Mais êtes-vous tout de même conscient du soutien des supporters à tous les matches ?

On sait que vous (ndlr : les supporters) êtes derrière nous et que vous serez toujours là. La preuve à Nîmes, vous étiez une dizaine. Depuis que je suis au club, j'ai vu des déplacements à Luzennac, Brest, Plabennec... quand on voit les efforts que vous faites, ça ne peut que nous faire plaisir !

Dernière question sur ta carrière : en cas de descente en National, resteras-tu à Créteil ?

Difficile de répondre. Je suis bien dans ce club, j'ai mes habitudes. Je discute beaucoup avec la direction. Si une équipe de Ligue 2 m'ouvre ses portes, j'y réfléchirai. Je ne suis pas du tout fermé sur le sujet. L'idéal serait une prolongation avec Créteil en L2...