Armand Lopes

Depuis que la situation sportive du club s'est dégradée jusqu'à devenir catastrophique, les supporters cristoliens attendaient un discours du président Lopes. L'homme d'affaires de 72 ans s'est enfin exprimé en accordant une interview au Parisien de ce vendredi.

Si la situation des Val-de-Marnais semble désespérée, les Béliers étant à 4 points du 1er non relégable (et même 5 au vu de la différence de buts), le président de l'US Créteil reste optimiste et croit toujours en Laurent Roussey, qui pour lui, est "l'homme de la situation."

Malgré la demande de démission par les supporters cristoliens et des rumeurs persistantes qui annoncent un éventuel départ d'Armand Lopes à la fin de la saison, le n°1 de Radio Alfa a affirmé qu'il ne quitterait pas le club après cette période compliquée : "Je ne suis pas du genre à quitter le bateau en pleine tempête."

De quoi réjouir les supporters de l'USC, ou pas...

Une chose est certaine,  les articles sortis dans la presse en début de semaine, qui remettaient en cause le statut du président, ont forcé ce dernier à s'exprimer dans la presse, un exercice que l'homme d'affaires portugais n'apprécie pas forcément.

 

Le Parisien : Comment vivez-vous la situation ?
ARMAND LOPES :
Quand ça va moins bien dans vos affaires ou votre vie familiale, ce n'est pas facile à vivre. C'est pareil au foot ! Mais dans ces cas-là, je ne dépose pas les armes. La vie est faite de combats quotidiens à mener pour améliorer ce qui doit l'être. S'il y a un responsable, quand les choses vont ou ne vont pas, c'est moi ! Mais plutôt que d'être pessimiste, je me mets dans la position de quelqu'un qui est fier de pouvoir sauver cette équipe. Il reste 28 points à distribuer. Il nous en faut 14. Je fais confiance à l'équipe pour couper la queue du chat noir (sic) et faire tourner la roue.

Vous ne semblez pas inquiet...
Mais je ne le suis pas. J'ai compté au moins huit matchs où la victoire nous a échappé sur un coup de dés, une barre, un poteau... Je ne cherche pas d'excuses. Je ne dis pas non plus que ce sera facile. Mais je suis persuadé qu'il ne nous manque qu'un succès pour retrouver une dynamique positive.

Le public, qui n'a pas vu son équipe gagner depuis 18 matchs, a donc tort de s'inquiéter ?
Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, il est normal de s'inquiéter. Mais au club, tout le monde y croit. Dans notre situation, on se doit d'être optimistes. Les pessimistes doivent changer de métier. Bien sûr, il nous faut rapidement retrouver la victoire. Mais regardez ce qu'à fait Nîmes, que tout le monde croyait condamné avec son mauvais début de saison et ses 8 points de pénalités... Tout est jouable !

Laurent Roussey a-t-il toute votre confiance ?
Laurent Roussey est l'homme de la situation. Son discours passe bien auprès des joueurs, il leur a apporté de la sérénité, a sécurisé la défense... Je n'ai rien à lui reprocher. Je lui fais entièrement confiance pour nous sauver.

On a le sentiment qu'être président de Créteil apporte plus de contrariétés que de satisfactions ?
Mais c'est le foot qui veut ça ! Dans n'importe quel club de la Ligue 1 au National, les moments d'inquiétudes sont plus nombreux que les exploits et les jours de bonheur. Nous, on a vécu une saison exceptionnelle, il y a trois ans, lorsque nous avons survolé le National. Mais la roue tourne et le bonheur change de camp, le ballon est comme ça.

Où trouvez-vous alors le plaisir de continuer...
(il coupe). Si vous pensez que je vais démissionner ou vendre le club, c'est niet ! C'est justement quand les choses vont mal, qu'il faut répondre présent. C'est comme ça que je vois les choses, je ne suis pas du genre à quitter le bateau en pleine tempête.

Comment réagissez-vous aux demandes de démission que certains supporteurs ont scandé la semaine dernière ?
On est en démocratie, les gens ont le droit d'exprimer leur mécontentement. Je ne veux pas polémiquer. Je les laisse parler en essayant de ne pas y attacher d'importance.

Imaginez-vous Créteil en National la saison prochaine ?
Je ne l'ai même pas envisagé ! Certains clubs sont sur le point d'être sauvés, mais ne le sont pas encore. D'autres sont en difficulté, mais ne sont pas pour autant relégués... En foot, tout peut arriver. Attendons la fin pour faire les comptes.

Une relégation serait-elle compliquée à digérer ?
Comment voulez-vous que je vous dise le contraire ? Mais je refuse d'évoquer les conséquences d'une relégation. Pour l'heure, on n'a qu'une chose en tête : se sauver.

Source : Le Parisien